Tribune

68 ?

Non, Monsieur le Ministre, nous ne sommes plus en 68 !

Sur les antennes de la RTBF, Monsieur Jean-Luc Crucke – ministre wallon en charge du « climat » - évoque mai 68 quand il commente les manifestions « Youth for climate ».

Si l’éventuelle comparaison des caractères « jeunes et sympathiques » des expressions non-violentes à cinquante ans d’écart marque une volonté de compréhension, les contextes sont radicalement différents.

Enfants de la « libération » et des « 30 glorieuses », les étudiants de mai 68 formulaient leurs revendications culturelles et sociales dans un cadre économique favorable à la recherche d’un avenir meilleur, plus juste, plus épanouissant.

Les « Youth for climate », 50 ans plus tard, s’associent à des dizaines de milliers de scientifiques pour tirer la sonnette d’alarme. L’humanité est en danger.

Il ne reste que très peu de temps pour contenir les émissions de gaz à effets de serre et il y a « obligation de résultat ».

Les jeunes, artistes, grands-parents, scientifiques, et autres qui comprennent cette extrême urgence ne peuvent se satisfaire du comportement des élites politiques actuelles.

La conscience que l’avenir pourrait bien s’avérer à très court terme catastrophique n’a rien à voir avec le « flower power » de la fin des années 60.

Ce qui est sur la table aujourd’hui, c’est un renversement total des paradigmes de l’économie libérale.

La « révolution climatique » porte sur l’obligation de produire et consommer de moins en moins les biens et services qui contribuent aux émissions néfastes pour notre avenir.

Les lycéennes, lycéens, étudiantes et étudiants qui manifestent hebdomadairement l’ont compris.

Nos politiques semblent vouloir rester dans le déni.

Les manifestations vont continuer....

 

A bientôt.